Le « Cercle de Silence » est une forme de protestation citoyenne et non-violente née en France en 2007, dont la portée symbolique et éthique continue de s’étendre dans l’espace public. Ce mouvement invite des personnes de tous horizons à se rassembler en cercle, dans un espace urbain fréquenté, pour observer un silence complet pendant une heure.
Cette action pacifique vise à interpeller les passants, les médias et les autorités sur les conditions d’enfermement des personnes sans-papiers, les expulsions administratives, et les violations répétées de la dignité humaine. En 2026, des centaines de cercles restent actifs dans l’Hexagone, témoignant d’un engagement civique profond et durable.
Qu’est-ce qu’un Cercle de Silence et quelle est sa signification symbolique?
Un Cercle de Silence est une manifestation publique non-violente, caractérisée par une présence silencieuse, ordonnée et solidaire. Les participants forment un cercle fermé, les yeux ouverts, sans pancarte ni slogan, parfois portant simplement une banderole indiquant “Cercle de Silence”. Le silence n’est pas absence de parole, mais une forme de prise de parole puissante: il incarne l’indignation, le recueillement, et la résistance face à des politiques jugées inhumaines.
Le cercle, quant à lui, symbolise l’unité, l’égalité entre les êtres humains, et l’idée que chacun a sa place dans la communauté humaine, indépendamment de son statut administratif.
La dimension spirituelle de ce geste n’est pas à négliger. Inspiré par les traditions franciscaines, la pensée de Gandhi et les courants de la non-violence, le Cercle de Silence s’inscrit dans une démarche éthique et contemplative. Il n’exclut pas les laïcs, au contraire: il est ouvert à toutes les convictions, religieuses ou civiles, unies par un refus commun de la violence d’État et une exigence de justice.
Le simple fait de rester debout, dans le froid ou la pluie, pendant une heure, exprime un engagement personnel profond.
Chaque participant est un maillon du cercle. Si une personne quitte le rassemblement, le cercle se réajuste, mais ne se brise pas. Cette résilience symbolise la continuité du combat pour la dignité.
Le silence collectif, dans un monde saturé de bruit et de discours politiques, devient un acte de résistance. Il interpelle, questionne, trouble. Il invite les passants à s’arrêter, à observer, à se demander pourquoi ces personnes sont là, immobiles, silencieuses, dans l’espace public.
Combien de cercles de silence existe-t-il en France en 2026?
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Les objectifs fondamentaux du mouvement en 2026
Le Cercle de Silence n’est pas une action ponctuelle, mais un engagement répété, régulier, souvent mensuel. Ses objectifs sont clairs et articulés autour de la défense des droits fondamentaux. Le premier d’entre eux est la fermeture des Centres de Rétention Administrative (CRA), que les participants jugent incompatibles avec les principes de dignité humaine.
En 2026, malgré plusieurs réformes, ces centres continuent d’exister dans des conditions souvent dénoncées par les associations de défense des droits.
Un autre objectif central est la fin des expulsions collectives et des interpellations au faciès. Ces pratiques, qui stigmatisent les personnes selon leur apparence ou leur origine, alimentent la peur et la clandestinité. Le Cercle de Silence dénonce aussi l’impact psychologique profond de ces politiques, notamment sur les enfants, souvent témoins de descentes policières ou de séparations familiales.
Le collectif refuse que la France devienne un pays qui repousse systématiquement les demandeurs d’asile, exposés à des risques graves dans leurs pays d’origine.

Enfin, le mouvement milite pour une société plus accueillante, où l’altérité n’est pas perçue comme une menace, mais comme une richesse. Il appelle à un changement de regard, à une prise de conscience collective. Le Cercle de Silence ne propose pas de solutions juridiques précises, mais il crée un espace de visibilité pour celles et ceux que l’on tente de rendre invisibles.
Il rappelle que la citoyenneté ne se limite pas aux papiers: elle s’incarne aussi dans la solidarité et la compassion.
Origine du mouvement: l’initiative des franciscains de Toulouse
Le Cercle de Silence a été lancé en 2007 par les frères franciscains de Toulouse, sous l’impulsion du frère Alain Richard. Ce religieux, formé à la non-violence par Lanza del Vasto, a conçu cette forme de protestation comme une réponse spirituelle et éthique à l’enfermement croissant des sans-papiers. Le premier rassemblement a eu lieu sur la Place du Capitole, lieu symbolique de la ville, et a rapidement attiré l’attention médiatique et citoyenne.
La démarche du frère Alain Richard s’inscrit dans une longue tradition de résistance non-violente. Il s’inspire de Gandhi, dont il admire la capacité à mobiliser des foules sans recourir à la violence, et de saint François d’Assise, figure d’humilité et de fraternité universelle. Pour lui, le silence n’est pas passivité, mais une forme d’action forte, qui parle à l’intériorité des individus.
Il écrit d’ailleurs qu’« être silencieux, c’est refuser de crier avec les autres, c’est écouter ce que personne n’entend ».
Très vite, le mouvement a dépassé le cadre local. À Paris, le premier Cercle de Silence s’est tenu en 2008, devant le Conseil d’État, institution symbolique de la justice administrative. Ce choix de lieu n’est pas anodin: il interpelle directement les autorités chargées de l’application des lois sur l’immigration.
D’autres villes ont suivi: Lyon, Nantes, Bordeaux, Rennes, Strasbourg, Lille, etc. Aujourd’hui, on compte environ 160 cercles actifs en France, ainsi que des initiatives à l’étranger, notamment en Suisse, en Espagne et au Sénégal.
Les cercles de silence à travers la France en 2026
En 2026, les Cercles de Silence continuent de se réunir régulièrement dans de nombreuses villes. Leur persistance témoigne d’un engagement durable, malgré les changements politiques. Voici quelques exemples de lieux et de fréquences:
- Paris: Le troisième vendredi de chaque mois, de 18h30 à 19h30, devant le Conseil d’État (Place du Palais-Royal).
- Toulouse: Dernier mardi du mois, place du Capitole, de 18h30 à 19h30.
- Bordeaux: Dernier mardi du mois, place Pey-Berland, à 18h30.
- Pau: Derniers mardis du mois, de 18h à 19h, place Clemenceau.
- Rennes: Premier mercredi du mois, à 18h, place de la République.
- Bayonne: Premier vendredi du mois, de 18h à 19h, place de la Liberté.
- Versailles: Deuxième jeudi du mois, à l’angle des avenues de Saint-Cloud et de l’Europe.
Chaque cercle est autonome, mais suit les principes fondateurs: silence, non-violence, ouverture à tous. Ils sont souvent soutenus par des associations comme la Cimade ou le Réseau Éducation Sans Frontières (RESF), qui apportent un appui logistique et un relais médiatique. Pour trouver un cercle près de chez vous, il est conseillé de consulter les sites locaux, les pages Facebook ou les agendas militants comme Agendamilitant.org(/actu).

Le site du Cercle de Silence de Paris propose une liste département par département des cercles actifs, régulièrement mise à jour. Des initiatives similaires existent sur les sites des fraternités franciscaines locales ou des associations partenaires. Si vous souhaitez rejoindre ou créer un cercle, vous pouvez aussi vous rapprocher de groupes comme Mistral-partage, qui favorisent les échanges citoyens autour de l’accueil et de la solidarité.
Évolution du mouvement: vers de nouvelles causes
Si le Cercle de Silence est né autour des droits des migrants, sa forme symbolique a inspiré d’autres mouvements citoyens. En 2023, le collectif Lutte et contemplation a organisé un Cercle de Silence devant le siège de TotalEnergies à La Défense, pour dénoncer le projet d’oléoduc EACOP en Afrique de l’Est. Ce geste a marqué une extension du concept à la défense de l’environnement.
En 2025, des cercles ont été organisés dans plusieurs villes françaises à l’occasion de la COP28, puis en amont de la COP30 au Brésil. Ces actions silencieuses visent à interpeller sur l’urgence climatique et les responsabilités des multinationales. Le silence, dans ce contexte, devient une méditation collective sur l’avenir de la planète.
Il invite au recueillement face aux dérèglements écologiques, tout en dénonçant l’inaction des pouvoirs publics.
À quel type de Cercle de Silence participez-vous?
Question 1: Quelle est votre principale motivation?
Le succès de cette transposition montre la force universelle du symbole: le cercle fermé, le silence, la présence. Ces éléments peuvent être mobilisés pour d’autres urgences sociales, comme la pauvreté, les violences faites aux femmes, ou les droits LGBTQ+. Le mouvement prouve que la non-violence n’est pas un outil obsolète, mais une méthode puissante, adaptée aux enjeux du XXIe siècle.
La force du silence dans une société du bruit
Dans une époque marquée par l’hyperconnectivité, les flux incessants d’information et les discours polarisants, le silence des Cercles de Silence produit un effet de rupture. Il crée un espace de pause, d’attention, de concentration. Ce n’est pas un silence passif, mais une action méditée, une présence active.
Elle contraste avec les manifestations bruyantes, les slogans, les mégaphones. Ici, rien ne hurle, mais tout parle.
Le silence interpelle aussi ceux qui le vivent. Être debout, silencieux, pendant une heure, dans un lieu public, requiert une présence à soi, une pleine conscience de l’instant. C’est un exercice spirituel autant que politique.
Il invite à la responsabilité personnelle: “Que fais-je ici? Pourquoi suis-je là?”. Il transforme le manifestant en témoin, non pas d’un événement, mais d’une vérité éthique.
En 2026, alors que les débats sur l’immigration restent vifs, le Cercle de Silence propose une autre voie: celle de la sobriété, de la dignité, de la fraternité. Il ne cherche pas à convaincre par la rhétorique, mais à toucher par la présence. Il rappelle que la citoyenneté peut aussi s’incarner dans le silence, dans le respect, dans la reconnaissance de l’autre comme égal.
C’est peut-être là sa plus grande force: il ne crie pas, mais il résonne.
| Ville | Fréquence | Lieu | Depuis |
|---|---|---|---|
| Paris | Mensuel | Conseil d’État | 2008 |
| Toulouse | Mensuel | Place du Capitole | 2007 |
| Rennes | Mensuel | Place de la République | 2008 |
| Bordeaux | Mensuel | Place Pey-Berland | 2008 |
Le Cercle de Silence continue d’inspirer. Il prouve qu’il est possible de militer autrement, sans violence, sans haine, sans division. Il invite chacun à poser un geste, même petit, pour défendre ce en quoi on croit.
En 2026, alors que les fractures sociales et politiques semblent s’approfondir, ce mouvement rappelle qu’il existe une autre forme de puissance: celle du silence partagé, de la dignité collective, de la fraternité en acte.
Questions fréquentes
Puis-je participer à un Cercle de Silence sans être membre d’une association?
Oui, les cercles sont ouverts à toutes les personnes désireuses de manifester de façon non-violente pour la dignité humaine. Aucune affiliation n’est requise.
Dois-je parler ou porter une pancarte pendant le rassemblement?
Non, le principe est d’observer un silence complet. Aucune parole, ni slogan, n’est prononcé pendant l’heure du cercle.
Peut-on rejoindre un cercle en cours de route?
Oui, il est possible d’arriver en retard ou de partir avant la fin. Toutefois, rester durant toute la durée renforce l’impact symbolique.
Existe-t-il des cercles de silence pour d’autres causes que les migrants?
Oui, certains cercles ont été organisés pour les enjeux climatiques, comme lors de la COP28 ou en lien avec le projet EACOP.
Comment créer un cercle de silence dans ma ville?
Vous pouvez contacter le réseau national ou une fraternité franciscaine locale pour obtenir des conseils pratiques et logistiques.
Les Cercles de Silence ont-ils eu un impact concret sur les politiques publiques?
Leur impact est difficile à mesurer, mais ils ont durablement sensibilisé l’opinion publique et maintenu une pression éthique sur les décideurs.
Quel est le rôle des enfants dans ces rassemblements?
Les enfants sont les bienvenus, mais leur présence doit être encadrée. Certains cercles proposent des espaces spécifiques pour les familles.